Petit guide des huiles cosmétiques


 

Les beurres végétaux et les huiles sont à la mode, et pas seulement dans nos salades. Se badigeonner d'huile aurait des vertus cosmétiques exceptionnelles pour la peau et les entreprises s'empressent de le mentionner dès qu'on en retrouve quelques gouttes dans leurs cosmétiques. Devant cette abondance d'informations, des éclaircissements sont nécessaires. Voici donc un petit guide des huiles végétales, animales et minérales utilisées en cosmétiques. C'est parti! 

Les huiles végétales

On obtient de l'huile végétale en pressant des noyaux (avocat, mangue), des fruits (olive) ou des graines (tournesol) de certaines plantes riches en lipides. Malgré leur composition en acides gras, elles sont loin de se ressembler; leur résistance à l'oxydation et au rancissement varient grandement, de même que le temps qu'il leur faut pour pénétrer la peau. Plus une huile est solide à la température pièce, plus elle se conservera longtemps, comme le beurre de cacao. D'autres plus fragiles doivent demeurer au frais et sont sensibles à l'oxydation. C'est le cas de l'huile de rose musquée ou de l'huile d'argan, elle aussi très populaire en cosmétique. 

La guerre aux comédons

Vous avez peut-être déjà entendu le terme «non comédogène» apposé à certaines huiles. Une huile comédogène peut causer des comédons, ces ravissants points noirs causés par l’accumulation de sébum sur le visage et qu'on souhaite anéantir d'un coup d'ongle. Pour les peaux acnéiques et grasses, il est donc préférable d'appliquer des huiles qui ne boucheront pas les pores. La bonne nouvelle, c'est que beaucoup d'huiles font partie de cette catégorie: l'huile de jojoba, d'avocat et de ricin, notamment. À l'opposé, le beurre de cacao et l'huile de germe de blé favoriseraient l'apparition de comédons. On classe généralement les huiles de 0 à 5 selon leur indice de comédogénéité, qui augmente plus le chiffre est élevé. Les sources divergent quant à cet indice, car ce n'est malheureusement pas une science exacte.  Certaines huiles végétales conviennent mieux à des types de peau précis, tel qu'illustré dans ce tableau:

 Fous de la noix de coco

Chouchoutée par la communauté végane, encensée par les blogueuses beauté, l'huile de noix de coco est sur tous les épidermes. Il est vrai qu'elle possède de nombreux avantages: elle remplace aisément le beurre dans les recettes, elle se conserve bien et est antibactérienne. Cette huile riche en gras saturés est excellente dans une recette de baume à lèvres, de déodorant ou dans la confection de savons, car elle apporte de la dureté à ces derniers et augmente leur effet moussant et lavant.

Bref, elle est fantastique dans la cuisine et dans certains cosmétiques... mais peut-être pas sur votre visage, surtout si vous avez une peau grasse ou acnéique, car elle serait comédogène. Un dermatologue a d'ailleurs décrit au Journal Métro les problèmes de peau de ses patients après l'utilisation de l'huile de coco sur leur peau.   

Les huiles minérales

Qu'il est joli, le terme «minéral». Il inspire la pureté, les richesses du sol, une perspective d'hydratation intense. Si on écrivait «huile pétrolière», ce serait pas mal moins attirant, avouez. Pourtant, c'est bien ce que c'est: des huiles issues de la pétrochimie. Oui, oui, du pétrole! L'huile minérale se cache aussi sous les appellations INCI de «Petrolatum» et «Paraffinum liquidum». À ne pas confondre avec l'eau minérale, par contre!

Comme elles sont peu coûteuses, abondantes et stables, ces huiles se retrouvent dans une grande quantité de cosmétiques et d'onguents (coucou, Vaseline!) Et le pire, c'est qu'elles n'apportent aucun bénéfice hydratant, car elles ne peuvent pas traverser la barrière de l'épiderme. Résultat: la peau est bien visqueuse, mais aucunement hydratée. Et comme les ravages écologiques de l'industrie pétrolière sont bien documentés, il n'y a aucune bonne raison de choisir les huiles minérales. À bannir de nos cosmétiques, donc. 

Les huiles animales

Il y a à peine quelques décennies, il était courant pour les femmes de fabriquer leur savon avec du gras et de la cendre diluée. À l'époque, l'huile d'olive n'étant pas disponible au magasin général, on prenait ce qui était disponible, à savoir du gras de boeuf ou de porc. Bien avant le courant zéro déchet, nos ancêtres ne pouvaient se permettre de gaspiller.

Aujourd'hui, d'autres huiles animales les ont supplantés. C'est le cas de la célèbre huile d'émeu, ce grand oiseau originaire d'Australie issu de la même famille que l'autruche. On dit beaucoup de bien des ses propriétés anti-inflammatoires et hydratantes. Enfin, surtout ceux qui la vendent. Cette huile serait bénéfique pour l'eczéma, la peau sèche, les brûlures, les rides, etc. La liste est tellement longue qu'on se demande ce qu'elle ne peut pas faire. Il y a également la lanoline, une huile récoltée à partir des glandes sébacées présentes dans la laine du mouton. Populaire auprès des mères qui s'en servent pour éviter les crevasses et les gerçures lors de l'allaitement, la lanoline est sans danger pour les nourrissons. 

À chacun son huile

Finalement, aucune huile, aussi miraculeuse semble-t-elle, ne pourra résoudre les problèmes cutanés de tout le monde. Mais si elle est bien choisie, de qualité et bien utilisée, elle sera une alliée de votre peau. D'ici là, explorez les huiles, faites des tests et des découvertes; personne ne saura mieux que vous ce qui vous convient.


Sources

Image: https://www.saga.co.uk/magazine/health-wellbeing/wellbeing/10-uses-for-coconut-oil
Tableau: http://tpe-camillediego.e-monsite.com/pages/partie-3.html
http://denovo-beaute.com/mag/huile-minerale-dans-les-cosmetiques
http://journalmetro.com/plus/tendances/1085077/qui-a-peur-des-huiles/
http://www.hellocoton.fr/la-lanoline-un-produit-miracle-658755
http://emeucharlevoix.com/produit-a-l-huile-d-emeu/huile-d-emeu-100-pure-fr9.html
http://dictionnaire.reverso.net/francais-definition/com%C3%A9dog%C3%A8ne
http://www.oolution.com/bloog/blog/2013/04/25/huiles-minerales-cosmetique-petrole-peau-dangers/
http://lanolin-stella.com/quest-que-la-lanoline/

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